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Les bases pour bien démarrer

Pour comprendre l’autisme, il est important de faire tomber certains préjugés.

L’autisme est un trouble précoce du développement neurologique entrainant un handicap plus ou moins sévère, qui n’est pas forcement visible immédiatement.

On parle de spectre de l’autisme, avec des degrés d’intensité et des caractères différents pour chaque individu. Les personnes autistes ont cependant en commun des troubles de la communication et de relation sociale, mais aussi des centres d’intérêts restreints et des comportements répétitifs. Une certaine indifférence aux autres ou le fait d’avoir du mal à comprendre et à se faire comprendre peuvent refléter ce manque de moyens pour communiquer et appréhender les règles de vie en société.

Ces difficultés peuvent également cachés les problèmes d’ordre somatique pour un enfant ou un adulte autiste qui n’exprime pas forcement les douleurs où les besoins qu’il ressent. Pour une personne autiste, la perception du monde qui l’entoure peut être démultipliée par des troubles sensoriels, un environnement bruyant, une lumière trop vive ou encore une odeur désagréable qui peuvent devenir oppressant et créer une dose de stress très forte, menant à des excès de peur ou de colère. Ces comportements sont encore trop souvent perçus à tort comme agressif ou capricieux. La punition n’apporte alors aucune solution car elle renforce le stress ressenti et aggrave la situation.

 

Pour adapter son approche à une personne autiste, l’aidant doit avoir une attitude bienveillante et rassurante, ainsi qu’une bonne connaissance des troubles de l’autisme.

Prenez le temps de vous renseigner, de vous former, d’échanger avec les professionnels référents qui ont votre confiance mais aussi vous faire confiance, car c’est vous qui connaissez au mieux les particularités de votre enfant, ses centres d’intérêt, ses sources d’anxiété. Mettez en place les programmes ou les outils qui fonctionnent selon les situations rencontrées.

 

LES MOYENS DE COMMUNICATION ALTERNATIFS A LA PAROLE

Ces moments de transmission et les outils de liaisons permettent de mieux décrypter les comportements et les besoins de la personne concernée pour faciliter la compréhension et la communication réciproque.

Pour les jeunes qui en ont besoin, il existe plusieurs modes d’échanges alternatifs à la parole :

Communiquer grâce à des images, des objets, des signes, des gestes. Le choix doit être adapté à la personne autiste et à sa famille. Et une fois mise en place, ils doivent absolument être utilisé par tous les acteurs aidants.

 

Parce que comprendre une question, l’intégrer et formuler une réponse peut prendre du temps, il faut veiller à laisser à la personne un délai de compréhension et de réaction nécessaire. Soyez bref et concret lorsque vous lui parlez et évitez les tournures de phrases imagées. Assurez vous qu’il comprend bien ce que vous dites et n’hésitez pas à répéter ou à simplifier votre message. Bien s’exprimer c’est aussi apprendre à bien décoder ce qu’exprime les autres, mais la personne autiste a souvent du mal à interpréter correctement les émotions et les réactions de son entourage. Cela rend difficile l’apprentissage des codes sociaux comme la politesse ou les comportements en société.

Pour l’aider à progresser en communauté, vous pouvez utiliser les situations de vie quotidienne rencontrées de manière ludique et en fonction de ses capacités du moment.

 

ANTICIPER ET ETABLIR LA CONFIANCE

La personne autiste peut avoir des difficultés à appréhender le temps, l’espace, les nouvelles situations. En décomposant les différents temps de la journée ou de la semaine en mettant en place des repères visuels temporels et en imageant les lieux ou situations à venir, on peut réduire les sources de stress afin de pouvoir réunir les conditions pour laisser place à l’amorce d’un dialogue.

Maintenez un climat de confiance et anticipez les changements pour apaiser les réactions de la personne face à l’environnement extérieur. Si la situation est claire et détaillée à l’avance, l’anxiété sera moins présente le moment venu.

Beaucoup d’actes quotidiens sont difficiles à apprendre : se laver, se nourrir…pour eux, cela nécessite un apprentissage plus ou moins complexe. Certains actes nécessitent simplement une aide orale, alors que d’autres doivent être accompagner de guidance. Il est important d’adapter et de doser constamment ce niveau d’aide en tenant compte de ses capacités et de ses difficultés, en fonction de ses progrès.

Commencer par identifier ses sources de motivation, ce que certains appels même ses renforçateurs, pour capter son attention, puis décomposez les tâches à accomplir en petites étapes, en vous appuyant même si besoin sur des bandes visuelles de séquences, qui détaillent les actions précisément.

En créant les routines quotidiennes, il intègre progressivement ces actes en les incluant dans son rythme journalier.

 

LES COMPORTEMENTS QUI POSENT PROBLEMES

Certains comportements posent problèmes lorsqu’ils sont particulièrement sévères et dangereux : agressivité, automutilation, troubles alimentaires, qui sont déclenchés par certaines situations perturbatrices dans son environnement. S’il est souvent compliqué d’en identifier la cause, il est possible de les minimiser en étant prévu et anticipé dans la mesure du possible.

Lorsque cela n’est pas possible, une bonne connaissance de la personne et de ses réactions permet de contenir au mieux et de minimiser ses réactions…avec du temps et de la patience. Expérimentez plusieurs stratégies, pour faire redescendre la tension : utilisez les outils que vous avez expérimenté et qu’il a validé : casque anti-bruit, jouet antistress et tant d’autres. Ne haussez pas le ton, et restez le plus calme possible pour le rassurer, tout en restant à l’écoute. Il faut absolument éviter qu’il se mette en danger, ramenez l’enfant dans un lieu rassurant pour l’apaiser et vous permettre de souffler.

L’autisme est complexe et très variable. Pour mettre en place un accompagnement adapté, il faut connaitre les particularités de la personne concernée, comprendre sa manière de fonctionner en étant attentif à ses réactions et aux différents messages qu’elle exprime oralement ou corporellement. Appuyer vous sur les conseils de l’entourage référent et essayez au maximum de travailler votre patience et vos capacités d’écoute.

En partageant au quotidien son évolution avec l’équipe encadrante, vous adapterez les pistes à explorer en fonction de ses progrès et de ses besoins.

Abordez les situations de manière concrète en suivant le plus possible ses motivations, l’accompagnement et l’évolution ne seront que plus qualitatifs.

Bien accompagner une personne autiste, c’est avant tout respecter sa différence tout en lui donnant les moyens de comprendre son environnement, la société et d’y trouver sa place. (Source Handéo)